Conseils pour annoncer l’Alzheimer à un patient et à ses proches

Tous les jours, des médecins, des spécialistes, des soignants doivent annoncer la maladie d’Alzheimer. Les patients se font diagnostiquer et attendent le verdict. Des questions se posent : comment annoncer la maladie ? Comment va réagir le patient, ses proches ? Avec 225 000 nouveaux cas par an rien qu’en France, selon le ministère de la santé (https://alzheimer-recherche.org/la-maladie-alzheimer/quest-maladie-dalzheimer/definition-et-chiffres/) , la problématique est assez importante. Même si pendant la période de diagnostic, le spécialiste informe déjà sur les possibilités, confirmer la maladie reste toujours une étape difficile.

Ce qu’il faut savoir sur l’Alzheimer

L’Alzheimer est une maladie neurodégénérative atteignant le plus souvent les personnes âgées. Les patients ont dans plus de 95% des cas 65 ans et plus. On se tourne alors vers un gériatre, un neurologue ou un psychiatre pour effectuer le diagnostic. 

Déjà, le médecin évoque au patient les éventuelles maladies qui le pousse à demander d’effectuer les diagnostics et examens. Il est donc prédisposé à avoir des résultats peu reluisants. Mais cela n’empêche pas que l’acceptation des résultat sera facile.

Annonce du résultat du diagnostic au patient

“Personne ne contestera que ce qui est terrible et connu vaut toujours mieux que ce qui est terrible et inconnu” disait le Dr Bourgeois. Il n’existe pas de règles strictes ou un protocole pour annoncer une telle nouvelle. Cependant, deux étapes-clés peuvent être prises en compte.

  • Se rendre compte de l’état du patient pendant la consultation

Informer son patient qu’il est atteint d’une maladie est et sera toujours une tâche difficile. Mais c’est aussi une information qui met un terme à toutes les suppositions et les incertitudes quant aux symptômes. Avant la révélation, le spécialiste doit savoir dans quel état est son patient : son humeur, ses capacités à assimiler. Au cas où il présente des signes de dépression, il vaut mieux administrer des anti-dépresseurs et attendre que son état se stabilise.

  • Etre disponible et à l’écoute

Pratiquement, il faut du temps et de l’écoute. Aucune règle ni limite de temps est imposée mais c’est la disponibilité qui est la plus importante. 

Pendant la consultation, le médecin procédera en deux étapes :

  • Rappeler les raisons pour lesquelles on a établit les contrôles
  • Expliquer par des mots simples ce qui arrive au patient, c’est-à-dire éviter les termes techniques qui ne feront qu’agrandir les inquiétudes 

Exemple : privilégier les mots comme maladie du cerveau au lieu de dégénérescence cérébrale

Pendant tout le processus, il doit être attentif aux réactions du patient et être à l’écoute. 

Après l’annonce, la réaction de la personne malade permettra d’envisager à continuer l’entretien ou de proposer une autre consultation. Une fois le patient au courant de sa maladie, il décidera ou pas de l’annoncer à ses proches.

L’ annonce de la maladie aux proches

Après avoir entretenu avec son médecin, le patient peut être secoué, fragilisé. Si il le souhaite, l’annonce de la maladie à un proche (conjoint(e), enfant, ami…) peut se faire avec l’aide du spécialiste. Il peut aussi prévoir de directement se confier. Pouvoir se confier est une grande source de soulagement.

  • Aviser le médecin traitant du sujet

Si le patient a effectué le diagnostic chez un spécialiste, il est du devoir de ce dernier d’informer le médecin traitant du diagnostic.

Cette pratique permettra d’avoir une continuité dans le traitement de la maladie sans avoir recours à revenir à la même discussion lors des consultations. Le malade se sentira pris en charge et qu’il peut faire confiance au personnel médical.

  • Prendre du recul

Avant d’informer son entourage, l’idéal est de laisser du temps pour se remettre des premières émotions. Grâce à ce recul, les termes et les mots qui seront utilisés seront plus rassurants que si l’annonce se fait dans la précipitation. Si possible, le mieux est d’en parler à la maison, au calme. Mais parfois, le téléphone est le seul moyen de contact, alors il est préférable de discuter en dehors des heures de travail.

  • Informer petit à petit

Chaque annonce diffère d’une personne à l’autre. Mais l’important est de ne pas brusquer son entourage. Pour cela, introduire étape par étape est encouragé.

  •  Dans un premier temps, informer sur des faits positifs

Exemple : le gériatre qui me suit est une personne de confiance…

  • En second lieu, dévoiler sa maladie

Exemple : …comme tu le sais, j’ai effectué des examens et on m’a déjà prévenu de la possibilité d’un Alzheimer. Et c’est confirmé! 

  • Enfin, terminer par une affirmation moins mauvaise

Exemple : j’obtiens de bons conseils et un traitement qui me permets de stabiliser mon état…

Après des révélations, le patient se sentira plus soulagé et permet de se libérer de son sentiment d’isolement. 

Accompagnement de la maladie

Pendant les moments d’oublis, il vaut mieux éviter de changer de comportement. Rester naturel et lui parler normalement est la meilleure chose à faire. D’autant plus qu’au fil du temps, son état va se dégrader même si les traitements essaient de stabiliser l’état du patient.

Actuellement, des associations départementales France Alzheimer sont fondées pour offrir leur soutien aux personnes atteintes. Le but est surtout d’être à l’écoute. Elles partagent également des conseils aux familles du patient et participent à la sensibilisation de l’opinion publique.

Enfin, annoncer une maladie engendre toujours des dommages conséquentes. Mais pour l’Alzheimer, le but est de faire en sorte que le patient vive le plus normalement possible. Il est ainsi nécessaire de les accompagner et de les soutenir moralement. Ce sont surtout des personnes âgées qui méritent toute l’attention qu’il leur revienne. Pour les personnes du troisième age, il est important d’anticiper certaine situation et envisager une garantie dépendance chez un professionnel des mutuelles santé